Les lignes de Nasca

Publié le par souslesigneduvoyage.over-blog.fr

 

  Nous arrivons à Nasca le dimanche matin, jour d'élection au Pérou. Il s'agit du premier tour des présidentielles. Au Pérou, le vote étant obligatoire sous peine d'une forte amende, de nombreuses personnes se déplacent ce week-end. Et la ville se retrouve remplie d'animation autour de la place d'Armes.

 

  En se promenant dans la ville, on trouve de nombreuses représentations des lignes de Nasca, sous forme de sculptures, de parterres de fleurs, jusqu'aux enseignes de magasin. C'est en effet grâce à ces lignes que la ville est devenue la deuxième destination touristique du Pérou. Dans les années 1930, lors d'un survol du désert de Nasca, des motifs géométriques ont été aperçus sur le sol. Certains représentent des animaux stylisés, des trapèzes ou des lignes parfaitement droites, dont la plus grande mesure 3 kms de long. Ces géoglyphes ont suscité de nombreuses interprétations. Une mathématicienne allemande, Maria Reiche a consacré sa vie à l'étude, à la préservation et à la mise en valeur de ces lignes. Selon son étude, les lignes auraient pu servir de calendrier, permettant de planifier au plus juste l'agriculture, sur ce plateau désertique aux conditions extrêmes. D'autres théories évoquent des lieux cérémoniels ou des canaux d'irrigation. Mais l'hypothèse qui a rendu le lieu célèbre se base sur le fait que les géoglyphes ne soient visibles que du ciel. Ainsi en 1968, Erich von Däniken avança qu'il s'agissait de pistes d'aterrissage pour extra-terrestres. Cela a suscité un engouement particulièrement néfaste pour les lignes, des centaines de curieux se rendant sur les lieux en 4x4. Les traces de pneus laissent aujourd'hui des cicatrices indélébiles sur les géoglyphes. Heureusement, le travail de Maria Reiche a permis d'obtenir le classement et la protection du site par l'UNESCO en 1994.

 

  La meilleure façon d'observer les géoglyphes consiste à les survoler. Cependant, plusieurs accidents sont survenus ces dernières années et les avis divergent quant à l'opportunité d'effectuer le survol en avion léger. Par ailleurs, le ministère des affaires étrangères français déconseille formellement d'effectuer ce survol. Après avoir entendu plusieurs anecdotes, nous choisissons de n'observer ces géoglyphes que depuis des miradors.

 

  La route panaméricaine ayant été tracée au milieu du désert sans tenir compte des géoglyphes, elle passe sur un dessin de lézard et à proximité de deux autres glyphes. Nous partons observer ces dessins en taxi. A une vingtaine de kilomètres de la ville se trouve une tour métallique permettant de voir ces trois géoglyphes de la culture nasca: des mains, un arbre et le lézard "écrasé" par la panaméricaine. On se rend alors bien compte que le dessin n'est visible qu'en prenant de la hauteur. Du sol, on ne voit que des sortes de rigoles d'une dizaine de centimètres de large tracées sur la terre. En effet, les géoglyphes sont basés sur le contraste entre le sol blanc du désert et les pierres marron qui le recouvrent. Les rigoles sur lesquelles les pierres sombres ont été retirées constituent ainsi une ligne blanche sur fond sombre.

 

  Une vingtaine de kilomètres plus loin se trouve un autre mirador d'où l'on peut voir plusieurs géoglyphes sur le flanc d'une montagne, ceux-ci de la civilisation paracas, antérieure aux nascas. Ils représentent des personnages dont le style rappelle singulièrement nos représentations contemporaines de robots ou d'extra-terrestres. Cela peut expliquer certaines théories qui ont rendu ce lieu célèbre. Sur le chemin de retour vers Nasca, nous nous arrêtons visiter l'ancienne maison de Maria Reiche qui est aujourd'hui transformée en musée sur son travail.

 

  La civilisation Nasca a laissé beaucoup d'autres vestiges de sa présence ici, il y a près de 2000 ans. A proximité de la ville, se trouve un important centre cérémoniel et des systèmes d'aqueducs permettant de récupérer l'eau des nappes souterraines. La visite du musée Antonini nous donne toutes les explications sur les campagnes de fouilles qui mettent petit à petit au jour l'héritage de cette civilisation. Malheureusement, les informations paraissent plutôt destinées à des archéologues et nous sont difficilement accessibles.

 

  A quelques heures de Nasca, nous choisissons de partir pour la côte pacifique avec une escale dans la station balnéaire de Paracas. Celle-ci est connue pour sa proximité avec la péninsule du même nom, où l'on peut observer de nombreux animaux marins.

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