Le nord ouest andin: provinces de Salta et Jujuy

Publié le par souslesigneduvoyage.over-blog.fr

  Les 30h de bus (en réalité 32 avec le retard pris en route) sont effectivement très longues et nous arrivons un peu fatigués en fin de journée à Salta, grande agglomération touristique du nord ouest argentin. Le temps de la soirée, nous découvrons l'animation du centre ville dans ses rues piétonnes. Au matin, nous partons en voiture de location pour 5 jours d'exploration de la région.

 

  Alex au volant, nous quittons Salta en direction du nord en empruntant une petite route qui serpente dans une vallée profonde et verdoyante. Une forêt dense nous entoure. Tous les arbres sont couverts de plantes épiphytes qui semblent à la fois les protéger et les étouffer. Laissant Jujuy derrière nous, nous abordons rapidement la colorée Quebrada de Humahuaca. Ce canyon creusé par une rivière désormais à sec constitue un paysage aride fascinant. Les différentes strates de roches formant les montagnes alentours sont devenues, sous le jeu de l'érosion, d'étonnantes formations révélant toute une gamme de couleurs en vagues ondulantes. Notamment, la colline de la Paleta del Pintor (Palette du Peintre) qui abrite le village en pisé ocre de Maimara et le célèbre Cerro de los Siete Colores, le Mont des Sept Couleurs entourant Purmamarca, joli petit village de 500 habitants aux maisons également en pisé. Laurie près d'un cactus candélabreUne promenade de 3 km au départ du village permet d'admirer cette montagne rougeoillante. Nous la faisons en début de matinée, lorsque le soleil levant avive ses belles couleurs chaudes. Très beau. La fin du sentier débouche sur la petite église du village. Elle jouxte la place autour de laquelle sont disposés de nombreux étales d'artisanat local: tissages, sacs et vêtements colorés (dont de superbes ponchos typiques d'ici) ainsi que divers objets en bois de cactus.

 

Forteresse de Tilcara  Nous faisons ensuite halte à Tilcara, plus au nord. Hormis le village en lui-même, avec ses ruelles pavées partant de la petite place centrale où se tient un marché d'artisanat typique, c'est l'occasion de visiter le site de la Pucara, fortification précolombienne dominant la vallée. En grande partie restaurée, la pucara est située au coeur d'une véritable forêt de cactus cardon dont les plus vieux spécimens atteignent 5 mètres de haut.

 

  Encore plus au nord se trouve Humahuaca, la plus grande localité de la Quebrada. La misère est visible ici plus que dans les villes dans lesquelles nous sommes passés ces derniers jours. Plus de monde signifie souvent plus de détresse humaine. Nous le vérifions en nous promenant sur les nombreux marchés populaires au bord du Rio Grande et dans les rues aux trottoirs souvent encombrés par des gens étendus. Le centre de la ville est pourtant charmant. Autour de la petite place centrale ombragée de poivriers, l'église blanche et l'hôtel de ville en pierres sont jolis et les rues pavées tout autour rappellent le passé colonial de la ville.

 

  Nous continuons la route en direction d'Iruya, petit village isolé qu'on atteint en parcourant une piste dans la montagne d'environ 25 km. Nous croisons en chemin quelques rares troupeaux de lamas et de moutons. La route de graviers grimpe jusqu'à un col à 4000 mètres qui marque la frontière provinciale Jujuy-Salta. La vue sur les alentours est magnifique. La piste traverse plusieurs rios (gués). Si certains ne sont que de minces filets d'eau, d'autres sont de véritables torrents! A quelques kilomètres d'Iruya, une voiture qui nous précède est enlisée au beau milieu d'un rio assez puissant. Dépités, nous décidons de faire demi-tour et regagnons Humahuaca pour y passer la nuit.

 

  Le lendemain, nous mettons le cap sur le sud jusqu'aux Salinas Grandes, spectaculaires plaines salines. D'un blanc aveuglant (port de lunettes de soleil obligatoire!), les salinas sont un ancien lac asséché qui forme une croûte de sel de plus de 500 km² mesurant à certains endroits 50 cm d'épaisseur. Lors de notre visite, le temps ensoleillé rend le contraste entre le bleu du ciel et le blanc craquelé du sel envoûtant. Touristes que nous sommes, nous ne résistons pas à faire des jeux d'optiques sur cette immense étendue blanche scintillante.

 

  Des Salinas Grandes, nous prenons une piste qui nous conduit jusqu'au village de San Antonio de los Cobres, perché à 3775 mètres d'altitude. Sur les premiers kilomètres, nous apercevons quelques troupeaux de lamas et de vigognes. La piste alterne des paysages caillouteux et sablonneux et nous franchissons de nombreux rios plus ou moins larges. Un endroit est particulièrement délicat et la voiture s'embourbe au milieu de nulle part. Obligés de la pousser pour la dégager, Eliane derrière le volant... un moment intense! Nous atteignons enfin le village à la tombée de la nuit, après environ 2h30 pour parcourir cette centaine de kilomètres à travers le désert de la Puna. San Antonio de los Cobres n'offre pas de vie nocturne trépidante, et ce soir, je fête mes 33 ans dans un petit restaurant familial dans lequel les enfants du village s'invitent pour regarder la télé en discutant joyeusement.

 

  Il pleut toute la nuit. La piste pour sortir du village est détrempée et boueuse. 15 km en aquaplaning qui paraissent interminables... Nous retrouvons l'asphalte avec plaisir. La voiture est couleur de la terre rouge. Rien à voir avec le 1er jour où elle étincelait au soleil: il ne peut maintenant plus vraiment s'y refléter! Nous prenons la direction de Cachi afin de découvrir les Valles Calchaquies en traversant une partie du Parque Nacional Los Cardones peuplés d'une multitudes de cactus candélabres cardon qui lui valent son nom. La route au départ praticable s'avère rapidement difficile au fur et à mesure que nous prenons de l'altitude. De nombreux éboulis encombrent la route. Par endroits, les éboulements de la paroi de la falaise rendent la circulation uniquement possible sur une seule voie. Les nombreux rios qui coupent la route sont de plus en plus boueux et impressionnants. Nous rebroussons chemin après quelques heures d'ascension périlleuse. Seuls les véhicules tout terrain se risquent à poursuivre la route, les voitures de tourisme font demi-tour les unes après les autres.

 

   Nous descendons alors sur la Quebrada de Cafayate, plus au sud. Elle est assez différente de celle d'Humahuaca. La végatation ne comporte plus que de très rares cactus. Des arbustes au tronc vert les remplacent. Les couleurs chaudes du canyon rappelent malgré tout les monts de la Quebrada d'Humahauca mais leurs formes sont différentes. Certaines sont bien distinctes comme l'Obelisco, pic rocheux, ou la Garganta del Diablo, immense faille dans la montagne. Nous arrivons dans la ville de Cafayate le dernier jour de son festival folklorique annuel, la Serenata de Cafayate. Seuls quelques groupes sont encore présents et se produisent sur la plaza San Martin.

 

   Nous passons les dernières 24h dans cette région du nord ouest argentin de retour à Salta. Le temps de flâner dans ses rues, d'admirer sa cathédrale et de rendre visite à son musée de Arte Etnico Americano. Cette dernière se révèle plutôt singulière: l'exhubérant guide du musée très (trop?) enthousiaste nous présente cette belle collection privée provenant de toute l'Amérique latine dans une ambiance électrique, inhabituelle dans un tel cadre. Nous quittons la ville en direction du sud avec le projet de visiter la parc national de Talampaya et la Vallée de la Lune.

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