Cusco, capitale de l'empire inca

Publié le par souslesigneduvoyage.over-blog.fr

  Le trajet de bus qui nous amène à Cusco passe par des routes de montagne sinueuses. La saison des pluies est terminée mais nous sommes ralentis à plusieurs reprises à cause de glissements de terrain qui ont emporté une partie de la chaussée. Nous arrivons finalement en fin de matinée à Cusco sous un beau ciel bleu. Le soleil brille mais l'air semble très frais. En effet, la ville est située à près de 3400m d'altitude et nous nous attendons à y trouver le froid. Nous rejoignons notre hébergement en taxi. Il s'agit d'une chambre d'hôtes, dans une vieille maison en adobe, qui domine la place centrale de la ville. Les murs épais y conservent le froid même au plus chaud de la journée. Les couvertures épaisses sur le lit laissent craindre la fraîcheur de la nuit.

 

  La température n'est pas la seule conséquence de l'altitude. Le souffle vient très vite à manquer. Et comme la ville est construite en pleine montagne, les rues et les escaliers qui la parcourent sont très pentus. Il faut donc marcher lentement pour éviter de se retrouver rapidement essoufflé. La ville porte les traces de son passé inca. Elle était la capitale de cet immense empire, d'où son nom, signifiant "nombril du monde" en Quechua, la langue des incas. Lors de la conquête, les espagnols ont détruit de nombreux édifices mais ont souvent conservé la base des murs d'origine. Cela permet de constater la perfection de la taille de pierre inca. Les pierres sont parfaitement ajustées et appareillées sans mortier. Leurs formes évoquent plus un puzzle délirant qu'un souci de travail à la chaîne. Sur un mur, on peut observer une énorme pierre taillée à douze faces!

 

  Nous sommes à Cusco en pleine semaine Sainte. La ville est parcourue de processions religieuses, rythmées au son de fanfares. Jeudi et vendredi Saints étant des jours fériés toute activité commerçante cesse à 17h, y compris dans les magasins touristiques. Nous assistons également lors de notre séjour à de nombreux autres défilés. Un jour, ce sont les différents corps de métiers de la ville qui paradent en uniforme de travail, le lendemain ce sont les étudiants et élèves des écoles.

 

  Les environs de Cusco comptent de nombreux sites incas. La ville elle-même est dominée par les ruines de Sacsayhuamán, lieu qui fait toujours partie de la vie des cusquéniens, qui viennent y pique-niquer à l'écart de l'agitation de la ville. Le site est aussi le théâtre de la grande fête de l'Inti Raymi qui célèbre le solstice d'été. Nous atteignons les ruines après une ascension dans les rues et escaliers de la ville. Nous traversons ainsi le quartier de créateurs de San Blas et empruntons d'anciennes ruelles bordées d'aqueducs. Les ruines laissent imaginer l'ancien prestige du site. Des murs subsistent, aux pierres parfaitement ajustées, dont certaines pèsent plusieurs tonnes. Un gros rocher poli sert de toboggan aux enfants venus pique-niquer ici. Nous partons, depuis les vestiges d'un ancien réservoir, à la découverte d'un ancien réseau d'aqueducs souterrains, creusé dans la rocher. A côté des ruines, se trouve la statue d'un grand Christ blanc. Les incas vénérant les montagnes, les espagnols se sont attachés lors de la conquête à couvrir les sommets de croix et de statues religieuses.

 

  Nous prenons un mini-bus pour aller visiter des vestiges un peu plus éloignés de la ville. Nous nous arrêtons à Tambomachay, à une dizaine de kilomètres. Là, à l'écart de la route, subsistent des fontaines et des bains cérémoniels incas, toujours alimentés en eau par un réseau d'aqueducs. Le site offre de très belles vues sur les sommets verdoyants alentours de la Cordillère des Andes. Mais les beaux panoramas se méritent; à plus de 3500m d'altitude, le manque d'oxygène se fait sentir dès le moindre effort. De l'autre côté de la route se trouvent les ruines de l'ancienne fortification de Puka Pukara (le fort rouge, en quechua), qui doit son nom à la couleur que prennent ses pierres dans le soleil couchant. Plus proche de Cusco, le site de Q'enqo, très endommagé, compte encore un passage souterrain, taillé dans un grand monolithe. Les sculptures laissent penser à un centre cérémoniel, où étaient réalisés des sacrifices. Nous finissons le chemin à pied jusqu'à Cusco, dans le soleil couchant.

 

  A 45 minutes de Cusco, se trouve le petit village de Chinchero, réputé pour son marché d'artisanat. Nous nous y rendons le dimanche, jour où les femmes du village viennent vendre leur travail. La spécialité du village est le tissage et la qualité n'a souvent rien à voir avec les tissus et vêtements industriels que l'on trouve dans les magasins d'"artisanat" de la ville. Au milieu des étales de tissus, on trouve aussi un vendeur de sandales, taillées dans de vieux pneus de camion, que les femmes des Andes portent pour travailler dans les champs. Dans un coin du marché se trouvent aussi des stands d'alimentation, où l'on peut prendre son repas chaud, pour moins d'un euro. Quatre bonnets et quelques objets de décoration plus tard, nous montons vers le centre du village, par des escaliers pentus se faufilant entre de petites maisons en adobe. Sur les hauteurs du village, l'église coloniale trône sur d'anciennes terrasses incas. L'intérieur de l'église est décoré de très belles peintures sur les charpentes. Les statues de Saints et le Coeur sont recouverts de miroirs, que les espagnols utilisaient lors de la colonisation pour impressionner et attirer les andins. En rejoignant l'arrêt de bus pour Cusco, il semble que de nombreuses personnes souhaitent faire le même trajet que nous. Les options sont le taxi, le mini-bus ou le taxi partagé. Nous assistons au "remplissage" d'un taxi partagé: les hommes et les femmes de tout âge s'entassent à l'avant, à l'arrière et dans le coffre, à tel point que les bavettes des roues arrières frottent sur la route. Nous choisissons l'option du mini-bus, bien serrés, dans les effluves corporelles de la fin de journée.

 

       Nous quittons Cusco pour découvrir la Vallée Sacrée des incas, située à une trentaine de kilomètres. Elle comporte de nombreux sites archéologiques, dont le mythique Machu Picchu, perché sur un éperon rocheux en surplomb d'un méandre du fleuve Urubamba.

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F
<br /> Bravo pour ce reportage vraiment super sur Cusco, en mots et en images ! ça donne envie...<br /> <br /> <br />
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