La Vallée Sacrée Inca

Publié le par souslesigneduvoyage.over-blog.fr

  La Vallée Sacrée des incas s'étend le long du cours moyen du fleuve Urubamba. C'est là que des sites aussi majestueux qu'ingénieux ont été bâtis dans les quelques siècles qui ont précédé la conquête espagnole.

 

  Le village de Pisac est le plus en amont sur l'Urubamba. Il est réputé pour son marché d'artisanat, qui cependant, n'a rien a voir avec celui de Chinchero. Il ne semble plus y avoir d'artisans derrière les étals, mais plutôt des revendeurs de produits industrialisés, avides de la manne touristique. Il n'y a donc pas beaucoup d'intérêt à s'y attarder. Le village est dominé par les ruines d'un site inca majeur, qui semble avoir rassemblé les fonctions de centre cérémoniel et de forteresse gardant l'accès à la vallée. Le site s'étire sur le flanc de la montagne qui surplombe le village. Nous prenons un taxi pour nous rendre jusqu'au sommet des ruines. La visite nous conduit à traverser d'anciennes habitations incas, à emprunter des escaliers escarpés qui serpentent à flanc de montagne et à franchir un tunnel creusé dans la roche. Nous atteignons finalement un ancien centre cérémoniel dont la perfection de la maçonnerie laisse supposer l'importance. Au centre se trouve un monument dédié au soleil, l'Inti Watana (lieu d'amarrage du soleil en quechua) qui était utilisé pour garantir la réapparition du jour. Nous rejoignons le village en traversant les terrasses de culture incas, au moyen d'escaliers interminables. La montagne semble ici totalement sous contrôle, habillée de structures de pierre sur toute sa hauteur.

 

  Plus en aval se situe la ville d'Urubamba. Sur les hauteurs de la cité se trouvent deux sites intéressants pour leur ingéniosité. Ils sont accessibles à partir de la communauté de Maras. Nous rejoignons ce petit village à pied, depuis un embranchement sur la route qui relie Urubamba à Cusco. Le village ne semble pas avoir subi les effets pervers du tourisme. Il conserve son visage rural, avec ses maisons d'adobe, entre lesquelles les paysans conduisent leurs ânes. A 8 kms à l'ouest du village se trouvent les terrasses de Moray, gradins en pierre circulaires qui ont été utilisés pour définir les altitudes optimales pour la culture des végétaux. Il semblerait que chaque étage de terrasse bénéficie d'un microclimat spécifique. Nous nous y rendons en taxi. Celui-ci ne comprend pas bien le concept de transport privé et prend en chemin des villageois, dont nous payons probablement la course. Nous choisissons donc de nous rendre au deuxième site à pied, guidés par les indications des paysans. Nous atteignons ainsi les salines de Moras, fabuleuse structure de puits salants, creusés à flanc de montagne. Un petit ruisseau d'eau salée est distribué par un complexe réseau d'aqueducs aux milliers de bassins, qui reçoivent ainsi l'eau à tour de rôle. 

 

  Nous continuons la descente du fleuve Urubamba et arrivons à Ollantaytambo, dernière ville desservie par une route goudronnée. Ollantaytambo offre un voyage dans le temps. De nombreuses maisons de la ville conservent leur architecture inca, avec leurs murs en pierres parfaitement ajustées et leur porte trapézoïdale. Les ruelles pavées sont toujours longées par des réseaux d'aqueducs desservant les habitations et les cultures. La pression touristique nous ramène malheureusement à la réalité et nous rappelle qu'Ollantaytambo est l'étape obligée pour toutes les personnes se rendant à Machu Picchu. Et les rues de la petite ville sont complètement saturées par le défilé permanent des bus touristiques. Un site inca dominant la ville permet d'échapper à cette cohue oppressante. Ici encore, une montagne a été aménagée en terrasses avec, au sommet, des fortifications composées d'énormes blocs de pierre. Ces blocs de plusieurs tonnes ont été extraits d'une carrière, située dans la montagne de l'autre côté de l'Urubamba. Les incas ont même dû dévier partiellement le cours de la rivière pour faire traverser les énormes pierres. 

 

  A partir d'Ollantaytambo, nous suivons le flot touristique en direction du Machu Picchu. Pour parcourir les 50 derniers kilomètres, il faut prendre un petit train touristique qui longe la rivière Urubamba. Au fur et à mesure que l'on s'avance dans la vallée, la végétation devient de plus en plus exubérante. Nous quittons ainsi progressivement la végétation de montagne pour arriver en pleine jungle. Après une heure et demie de trajet, nous arrivons à la ville d'Aguas Calientes, au pied du Machu Picchu. La proximité du site fait de cette ville l'un des lieux les plus touristiques au monde. Difficile de marcher dans ses rues sans se faire accoster par des rabatteurs de restaurants ou de boutiques d'artisanat. Nous essayons de faire une randonnée menant à un point de vue sur le Machu Picchu. Malheureusement, les échelles qui permettent de passer des barres rocheuses ont été détruites par des chutes de pierres pendant la dernière saison des pluies. Il nous faut donc interrompre la marche. D'après les informations que nous obtenons à l'office du tourisme, pour assister au lever du soleil sur le Machu Picchu, il faut partir de la ville à 6h. Et pour être parmi les premiers sur le site, il faut faire la queue sur le quai des bus à partir de 4h30! Une longue journée s'annonce.

 

  Réveil à 4h pour rejoindre le quai de départ des bus, où une file de plus de 100 personnes est déjà formée. Les bus commencent l'ascension de la montagne aux premières lueurs du jour. Nous sommes parmi les 400 premières personnes à arriver sur le site, ce qui nous permet d'obtenir le visa d'accès au Wayna Picchu (Nouveau Pic en quechua), sommet qui domine les ruines. Nous arrivons sur le site au bon moment pour voir les premiers rayons du soleil baigner les ruines d'une lumière dorée. C'est magique, d'autant que nous avons la chance d'avoir un temps parfaitement dégagé! Nous nous lançons ensuite dans l'ascension du Wayna Picchu. Des escaliers escarpés, creusés à flanc de montagne permettent d'atteindre le sommet, où des habitations et des terrasses ont été construites. Le chemin est jalonné de touffes d'orchidées poussant sur des tiges longues comme des bambous. La vue sur le site est grandiose, mais les nuages commencent à monter depuis la vallée de l'Urubamba. Nous redescendons alors visiter les ruines, au milieu du flot de touristes, qui est maintenant arrivé dans un défilé d'autobus. Le site est bien conservé et permet de visiter de nombreuses habitations, des temples, des bains cérémoniels et un Inti Watana. Face au Wayna Picchu se trouve l'autre sommet, le Machu Picchu (Vieux Pic), lui aussi accessible par une suite d'escaliers interminables, dont les incas avaient l'air si fans. Difficile de faire cette deuxième ascension à la suite de la première mais les efforts sont généreusement récompensés par le panorama! Le temps de redescendre et il reste à peine le temps de profiter des derniers rayons du soleil pour faire une ultime promenade au milieu des ruines. Nous redescendons à Aguas Calientes à pied par un sentier... d'escaliers! Epuisés mais les yeux pleins de beaux paysages, nous atteignons la ville à la tombée de la nuit.

 

  Nous repartons le lendemain en direction de Cusco, pour y faire escale avant de prendre la route en direction de l'immense lac Titicaca, situé à près de 4000 m d'altitude à la frontière avec la Bolivie.

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